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Travaux du 18 novembre – « La Fidélité : de la loyauté… à l’égarement? »

Cet article compile les échanges de notre tenue « D’une colonne à l’autre » ainsi que la planche d’Orateur concluant le tout.


Réflexions de notre V:.M:. – T:.R:. :

Ce midi, je vous parlerai de la Fidélité, à un serment, à un ordre, à une idée.
A l’instar d’un croyant religieux ou athée qui a sa foi (ou sa non-foi) qui le guide à travers sa spiritualité, sa vie, ou encore d’un époux à son épouse, nous avons promis d’être fidèle à notre ordre, en promettant de servir celui-ci et nos FF.

Or cette promesse de fidélité, de loyauté, nous engage à un moment donné mais nous engage-t-elle à n’importe quel prix? Quelle est la limite de cette loyauté?

Je mettrais cette limite simplement sur le respect de la continuité de l’engagement fait, sur la stabilité et de l’autre et du lien qui nous unis, et principalement sur la Liberté. En effet, la foi (allez, disons la croyance) ne doit-elle pas libérer et non asservir?

De même, ne dit-on pas que le mariage est l’engagement confiant de deux libertés? La promesse de soumission aux règles de notre ordre, elle aussi, n’est-elle pas également librement consentie?

A chaque fois, la limite, à mes yeux, est le respect de l’engagement et de notre liberté; dès que cette ligne est franchie, nous sombrons dans l’égarement… et quel égarement! Oui, nous perdons notre point de repère, notre sémaphore, notre liberté.
Parenthèse et clin d’oeil, c’est un des avantages de la foi, car la relation avec elle, reste, le plus souvent, stable.

Plus sérieusement, pour André Comte-Sponville que j’affectionne (même s’il se revendique athée): “La foi est une croyance; la fidélité, une volonté. La foi est une grâce ou une illusion; la fidélité, un effort. La foi est une espérance; la fidélité, un engagement… Vertu de mémoire, disais· je, qui vaut aussi pour la mémoire des civilisations. S’agissant de la nôtre, puisqu’il faut
bien en dire un mot, la vraie question me paraît être la suivante: que reste-t-il de l’Occident chretien quand il n’est plus chrétien?

Je ne vois guère que deux réponses possibles. Ou bien vous pensez qu’il n’en reste rien, et alors nous sommes une civilisation morte, ou mourante: nous n’avons rien à opposer ni au fanatisme, à l’extérieur, ni au nihilisme à l’intérieur (et le nihilisme est
de très loin le danger principal. Autant aller se coucher et attendre la fin, qui ne tardera pas… Ou bien, deuxième possibilité, vous pensez qu’il en reste quelque chose; et si ce qu’il en reste ce n’est plus une foi commune (puisqu’elle a cessé, de fait, d’être commune: un Français sur deux se dit athée ou , agnostique…, un sur quatorze est musulman… ), ce ne peut être qu’une fidélité commune: le refus d’oublier ce _qui nous a fait, de trahir ce que nous avons reçu, de le laisser finir ou dépérir avec nous.

La fidélité, c’est ce qui reste de la foi quand on l’a perdue: un attachement partagé à ces valeurs que nous avons reçues et que nous avons donc à charge de transmettre. Du passé, ne faisons pas table rase: ce serait vouer l’avenir à la barbarie.” Alors quand je pense à ma promesse maçonnique, à mon engagement, je pense à ma foi, à ma fidélité à l’ordre et à vous tous mes FF.
Que c’est noble et exaltant de faire partie d’une fraternité ayant pour but l’élévation de l’être humain et de la société à travers sa propre recherche d’amélioration; quand bien même les avis sont, parfois, divergents sur la manière.

Parenthèse, une belle idéologie aussi appelée communisme a aussi recherché l’égalité entre les êtres humains et cela a débouché, à cause d’un dogmatisme idéologique, à un des plus grands supplices que l’humanité ait connu; je vous renvois ici à l’URSS ou la Chine, entre goulags, komsomol et autres espionnages de masse.

Je finirai avec André comte-Sponville qui est bien à propos ce midi: « La fidélité, disait Alain, est la principale vertu de l’esprit.» C’est qu’il n’y a pas d’esprit sans mémoire mais la mémoire seule pourtant n’y suffit pas: encore faut-il vouloir ne pas oublier, ne pas trahir, ne pas abandonner, ne pas renoncer, et c’est la fidélité même.”

MMTTCCF, j’ai dit

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Réflexions de notre F:. – A:. N:. :

Le Code d’honneur du Légionnaire fut établi dans les années 1980 et comporte sept articles. Il est remis aux engagés volontaires qui l’apprendront, en français, au cours de leur instruction.

  • Art. 1 – Légionnaire, tu es un volontaire, servant la France avec honneur et fidélité.
  • Art. 2 – Chaque légionnaire est ton frère d’armes, quelles que soient sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d’une même famille.
  • Art. 3 – Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus.
  • Art. 4 – Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net.
  • Art. 5 – Soldat d’élite, tu t’entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique.
  • Art. 6 – La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.
  • Art. 7 – Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n’abandonnes jamais ni
  • tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.

La fidélité est un attachement à ses devoirs et ses affections, une régularité à remplir ses engagements, par rapport à soi-même, ou à des tiers.

La fidélité conjugale, ou exclusivité, consiste, pour les membres d’un couple marié, à considérer son conjoint comme le partenaire privilégié de sa vie privée et son seul partenaire sexuel pendant toute la durée du mariage. La fidélité conjugale ne s’arrête pas à la fidélité sexuelle, mais englobe aussi tous les comportements des conjoints.

La loyauté, par ignorance ou par coutume, est souvent détournée de sa véritable signification. La loyauté consiste à conformer ses actions aux règles basées sur les bonnes lois, qui dérivent toujours de l’éternelle équité, et de la constitution qu’elles supportent. Ce mot de loyauté vient du mot français loy, qui veut dire, conforme à la loi, à la justice. Tout ce qui n’est pas fondé sur l’immuable équité est déloyal.

Obéir à un prince légitime, qui lui-même obéit aux lois, est unanimement reconnu être de la loyauté. Maintenant, on doit en conclure que la déloyauté consiste à obéir à un tyran qui foule aux pieds les lois, et outrage la justice ; qu’en conséquence lui, qui commande, et ceux qui lui obéissent dans ses œuvres de despotisme, sont déloyaux ; mais des esprits faux ont maintenu que la loyauté consiste également dans l’obéissance à un bon prince, comme à un despote qui viole les lois divines et humaines, qui est un ennemi de Dieu et des hommes ; conséquemment, que les Satellites et les instruments de ses crimes, de ses cruautés, de ses déprédations, de ses oppressions sont loyaux ; tandis que ceux qui résistent à la tyrannie, qui défendent la justice, la vertu et l’humanité contre des monstres qui dégradent la nature humaine, sont des rebelles : d’après ce faux principe, l’homme deviendrait rebelle en agissant vertueusement pour la défense de ses droits naturels et imprescriptibles usurpés par le pire des rebelles contre la communauté, qui n’est retenu par aucune considération divine ou humaine. Admettre un tel principe, c’est outrager la vérité.

De leur tems Richard II et Édouard II furent les plus grands rebelles de l’Angleterre. Tout tyran est un rebelle ; il est pis encore, c’est un monstre. Le Grand Seigneur, et l’Empereur de Russie sont les plus grands rebelles de leurs pays. 

Les hommes qui, par l’usurpation, se placent au-dessus des lois humaines, ne sont pas moins assujettis aux lois éternelles de la clémence, de la justice et de la vérité ; et tous ceux qui violent ces lois immuables, sont des tyrans, et il est loyal de mettre la main à l’œuvre de la destruction de leur tyrannie.

Brutus, chassant la race royale et rebelle des Tarquins, fut un loyal romain qui sacrifia ces traîtres aux libertés et au ressentiment du peuple. C’est une vérité, dont les hommes doivent se pénétrer, elle est inconnue dans les contrées où elle est dangereuse aux oppresseurs.

MMTTCCF, j’ai dit

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Réflexions de notre F:. J:. -C:. B:. :

Il convient selon moi de différencier « Fidélité » et « Loyauté ».

Par définition la « Fidélité » est différente de la « Loyauté », La fidélité est de l’ordre du coeur, La Loyauté renvoie à la « loi », c’est-à-dire à la raison. La Fidélité est la permanence d’un sentiment, tandis que la loyauté, c’est le respect d’un contrat.
Fréquemment la fidélité est perçue comme le respect d’un engagement alors que cet engagement n’est en fait que de la loyauté, certes respectables.

Mais si elle n’est pas issue d’un profond sentiment d’attachement, la «Loyauté» devient fluctuante et source d’interprétations du contrat oral ou écrit qui à l’époque avait été souscrit.

Il en est de même de l’engagements que nous avions pris envers notre ordre, si nous n’avons pas développé un profond attachement à notre Loge, nous pouvons nous sentir libre, nous égarer des engagements souscrits et petit à petit nous éloigner de notre serment. Si cependant le lien est fort et de l’ordre du coeur, de l’irrationnel, on observera bien vite, un très fort attachement.

Pour illustrer mon propos un extrait du Recueil : Les Regrets (1558) – Poème de Joachim Du Bellay Sonnet XLVI.

Si par peine et sueur et par fidélité, Par humble servitude et longue patience, Employer corps et biens, esprit et conscience, Et du tout mépriser sa propre utilité,

Si pour n’avoir jamais par importunité Demandé bénéfice ou autre récompense, On se doit enrichir, j’aurai (comme je pense) Quelque bien à la fin, car je l’ai mérité.

Mais si par larcin avancé l’on doit être, Par mentir, par flatter, par abuser son maître, Et pis que tout cela faire encor bien souvent :
Je connais que je sème au rivage infertile, Que je veux cribler l’eau, et que je bats le vent, Et que je suis, Vineus, serviteur inutile.

MMTTCCF, j’ai dit



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Réflexions de notre F:. L:. C:. :

Fidélité, loyauté, égarement voilà 3 termes qui nous parlent simplement et directement. En creusant juste un peu que veulent-ils dire et quelles est réellement le sujet de notre échange

Sous fidélité, Le Larousse nous donne, pas moins, de 8 définitions

  1. La fidélité à un principe dont un synonyme serait loyalisme qui est défini comme la fidélité au régime établi ou à une autorité considérée comme légitime.
  2. La fidélité comme la constance dans ses sentiments, celle d’un ami ou d’un client.
  3. La fidélité comme conformité à l’exactitude, à la vérité, celle d’un récit par exemple
  4. La fidélité à la parole donnée.
  5. La fidélité conjugale que tous connaissent, qu’ils la respectent ou pas
  6. La fidélité de la mémoire qui se rapproche de la 3ème, citée plus tôt
  7. La qualité d’un instrument de mesure qui, pour une même grandeur mesurée plusieurs fois, donne une même indication.
  8. La Concordance entre l’espace sonore perçu par un auditeur à l’écoute d’un haut-parleur placé à l’extrémité d’une chaîne électroacoustique et celui que l’on se propose de recréer au moyen de la prise de son. Et ici nous sommes dans un autre registre que celui qui nous intéresse

Sous loyauté, la définition est plus courte.

C’est la qualité, ou le caractère de quelqu’un, de quelque chose qui est honnête, loyal. Un être loyal, est défini par la même référence comme celui qui obéit aux lois de l’honneur, de la probité, de la droiture.

Une définition qui est plus courte mais non moins riche de sens.

Je comprends donc l’énoncé de notre réflexion comme être fidèle à un principe relève-t ’il de la loyauté ou de l’égarement.

De plus, la fidélité induit une notion sentimentale, qui relève donc du cœur. Or le cœur à ses raisons que la raison ignore. Les fondements de la fidélité seraient difficilement explicables.

La loyauté, elle, implique une notion morale ou éthique. Elle est reliée à ce que l’auteur ou l’orateur conçoit comme système de valeur.

Pour moi, les valeurs cardinales sont la justice et l’amour. Je définis donc le « Bon » ainsi : ce qui est bon est juste pour chacun et pour tous, permet à chacun de s’épanouir dans la responsabilité envers les autres, la nature et l’univers. L’Amour étant le compas guidant la responsabilité.

Certains disent que pour résoudre un problème complexe, il faut investir 90% de la réflexion à la compréhension du problème et 10% à la rédaction de la solution.

Être fidèle n’est pas forcément être loyal et c’est là qu’à mes yeux d’humain, d’Homme, d’humaniste et de maçon, il peut y avoir de l’égarement dans la fidélité. Et cela devient très subjectif, propre à chacun en fait. La fidélité sera égarement, selon mon entendement lorsque celle-ci sera contre mon éthique. Elle sera loyauté lorsqu’elle correspondra à mon système éthique.

Suis-je qualifié pour évaluer la loyauté ou l’égarement d’un fidèle ? Oui dans mon for intérieur. Non aux yeux de la société si celle-ci ne partage mon modèle éthique, ma morale, au moment où je prononce mon jugement. Or nous l’avons vu, l’éthique et la morale sont des notions mouvantes, en perpétuelle évolution, à la fois dans le temps et dans l’espace.

Ainsi je résumerai la question en : Est éthique et morale ? et là, je n’ai de réponse qui ne peut être que personnelle et ancrée dans un lieu et un moment, tous deux bien définis. Car, nous l’avons vu dans nos vies : « autres temps, autres mœurs ».

Je ne peux, et je pense que personne ne peut donc répondre de manière universelle au sujet de nos réflexions de ce jour. Nous nous devons, nous en tant que F∴M∴, de nous questionner à chaque fois que la question se pose à nous. Nous nous devons également de nous efforcer de répondre de manière précise et circonstanciée car il n’y a, ici, point d’absolu.


MMTTCCF, j’ai dit





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Réflexions de notre Or:. – L:. C:. :

Le résumé du volume « Le Travail en Loge » des éditions Points de vue initiatiques dit ceci : « La Loge n’est pas une université libre qui dispense des cours du soir, c’est un atelier d’enseignement mutuel où le langage symbolique impose une attitude participative et non plus passive. »

« Comme les autres méthodes initiatiques, elle ne s’explique pas, elle se pratique par le  » travail interne  » en Loge ; il n’est donc pas de  » Maçon sans tablier « , expression trompeuse car  » être libre et de bonnes mœurs  » est nécessaire mais non suffisant pour être un Franc-maçon  » reconnu comme tel  » par son travail en Loge. »

« Pour poursuivre à l’extérieur l’œuvre commencée dans le temple, il faut avoir une démarche forte, participative, en Loge, et un comportement actif à l’extérieur, donc s’engager. »

Il est donc clair que le Travail en Loge doit être actif et non passif. C’est ce que nous avons pratiqué aujourd’hui, tout au moins pour la plupart des FF qui ont participé à nos échanges d’une colonne à l’autre. Je salue ce travail fait, soit en amont en préparant une planche concise sur le thème du jour, soit en apportant sa Pierre en prenant la parole. Rappelons-nous, il n’est pas de Maçon sans tablier, car c’est avec le tablier, par le travail, que l’on est Maçon.

Ceci dit, voici ce que nous pouvons retenir des travaux de ce Midi.

 La Fidélité serait un engagement lié à la foi et aux émotions, quelque peu irrationnel sans pour autant être inique. Elle peut aussi être promise comme chacun de nous l’a fait lors de son initiation.  Bien au contraire, elle est rempli de sens. Cette notion liée à la foi, au niveau étymologique et selon les échanges que nous avons eus.

La loyauté est un principe moral, plus pragmatique bien que la morale ne soit pas absolue à travers le temps et les cultures. Elle fait référence à la Loi, à l justice. Dès le 13eme siècle la désobéissance aux lois, mais pour le bien de Tous et pour la justice sont des rebelles face aux tyrans.

Et dans la vie de notre atelier, la question s’est posée. Nous avons dû juger de la fidélité d’un F à sa promesse et de sa loyauté envers notre Ordre et ses valeurs.

Une conjonction fortuite toutefois.

Enfin, le lien entr foi et fidélité à été fait. Les devant libérer plutôt qu’aliéner.

Ainsi la fidélité nous libère. Cela la maxime qui dit que la liberté c’est choisir son aliénation.

La fidélité serait ce qui reste de la foi lorsque nous l’avons perdue. Elle serait la principale verrue de l’esprit la fidélité deviendrait égarement selon la vertu de son objet. Et la loyauté peut devenir égarement lorsqu’elle s’éloigne de la justice. On peut être loyal et t fidèle sans être vertueux.

Ainsi dans notre vie maçonnique nous éprouvons notre fidélité et notre loyauté en cherchant la vérité avec vertu.

MMTTCCF, j’ai dit

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La Loge Tradition, fondée le 24 septembre 1972 à l'Orient de Lausanne et portant le No 51, est membre de la Grande Loge Suisse Alpina et travaille au Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA).

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